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Par Nicolas Mbiya | 

Depuis un temps je me projette dans un futur lointain et je m’imagine à la place des futures générations qui ne verront peut-être le diamant que dans les livres. Et si elles arrivent à se poser la question de savoir ce que cette richesse aura apporté concrètement au pays à la province, j’ai peur que les futures générations ne puissent penser nous qu’avons été d’une inutilité inouïe au regard de l’évolution actuelle du secteur extractif de diamant.

Depuis près d’une décennie le diamant ne nous aide plus ; notre diamant n’a même pas aidé à construire un seul kilomètre d’une bonne route à Mbujimayi, aucune une bonne école, ni une université présentable, pas une seule bibliothèque, aucune industrie pourvoyeuse d’emplois ou autre initiative à impact mesurable pour la province.

Le secteur de diamant galvanisé par la corruption est devenu une forme d’omerta où aucune information édifiante ne circule au point que d’aucuns pensent qu’il faut oublier le diamant et se lancer dans d’autres initiatives économiques en l’occurrence l’agriculture. Moi-même je suis partisan de la diversification de notre économie et je suis d’accord que nous devons élargir nos initiatives en exploitant d’autres richesses en présence. Néanmoins je tiens à nous rassurer que le diamant produit encore des millions de dollars !

Le problème est que nous avons toujours cru que la MIBA était en faillite ou encore la SACIM était une société privée de Kabila, etc. pourtant le grand problème c’est nous ! Nous sommes devenus des citoyens influençables par les informations tronquées. Nous ne nous révoltons plus contre le changement négatif, nous nous accommodons à tout. Bref, le contrôle citoyen est agonisant ici.

Il est bon à savoir que la MIBA dans son semblant de faillite a eu à signer plusieurs contrats avec des entreprises privées, appartenant notamment aux libanais, qui exploitent le diamant sur ses espaces en contrepartie d’une amodiation. Avec ce schéma palliatif, la MIBA n’aurait pas dû rester à genoux. La Gécamines a aussi cédé ses espaces aux Mining et sa situation n’est pas aussi « alarmante » que celle de la MIBA. Les accords signés par la minière de Bakwanga avec les tiers depuis 2015 étaient censés produire des millions de dollars chaque année, mais étrangement ils ne profitent pas à la société. Un tel scandale financier devrait intéresser la justice au point que tous les dirigeants qui se sont succédés à la tête de la société depuis 2015 se doivent de s’expliquer.

Pour la gestion quotidienne de la MIBA qui est l’une des causes de sa chute, je vous renvoie au rapport de l’inspection générale des finances ; d’importants dysfonctionnements qui ont bousculé davantage la société y sont repris.

La SACIM a été aussi l’autre phénomène socio-économique de ces dernières années. Depuis sa création, elle n’a jamais servi la province de manière claire. La redevance minière que reçoit la province n’a pas des retombées palpables.

Face au paradoxe d’un peuple de plus en plus pauvre dans une province présentée comme une capitale mondiale du diamant industriel, la mobilisation citoyenne s’impose comme une réponse pour stopper le laissez aller et laisser faire qui règne dans les secteurs d’extraction et de commercialisation de diamant.

Mobilisons-nous ! #MibaDebout

 

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